Left Analysis

mercredi 11 novembre 2015

Portugal: Face aux institutions européennes, une coalition de gauche fragile.

La gauche portugaise, unie pour la première fois depuis la chute d' António de Oliveira Salazar, s'apprête à faire chuter le gouvernement minoritaire de droite pour mettre un terme à l'austérité, sous l’œil inquiet de l'Union européenne et des marchés financiers.

le Portugal est entré à nouveau dans une zone de turbulences. 
Vainqueur des élections législatives du 4 octobre avec prés de 39% des voix, la coalition de droite a toutefois perdu sa majorité absolue, le Parlement est aujourd'hui dominé par une majorité de gauche emmenée par le Parti socialiste (32% des voix).

Fort du soutien de la gauche radicale, le secrétaire général du Parti socialiste Antonio Costa, a fait voter mardi une motion de censure contre le gouvernement, entraînant automatiquement sa chute. 
Le Parti socialiste, le Bloc de gauche (Syriza portugais), le Parti communiste et les Verts disposent ensemble d'une majorité de 122 députés sur 230.

Le parti d'Antonio Costa et les autres partis de gauche ont dû chercher un compromis.
Si le Parti socialiste a signé le traité d'adhésion du Portugal à l'Union européenne en 1985, ses futurs soutiens n'ont jamais caché leur méfiance envers une Europe qui a, selon eux, contribué à appauvrir les Portugais en imposant des contraintes budgétaires démesurées.

Dans une Europe aux institution dominant les constitutions de ses États membres, libérale , les marges de manœuvre d'un futur gouvernement de gauche qui n'enclenchera pas la rupture sont extrêmement limitées. "L'électorat de la gauche risque d'être déçu, car un gouvernement du Parti socialiste sera obligé de respecter les engagements du Portugal vis-à-vis de Bruxelles", fait valoir le politologue Antonio Costa Pinto.


mardi 10 novembre 2015

La gauche radicale et ses tabous, quand le Front de gauche rate le coche.

Dans "la Gauche radicale et ses tabous", Aurélien Bernier, ancien membre d'Attac, s'interroge sur les raisons des échecs électoraux du Front de gauche et du Nouveau Parti anticapitaliste et leur incapacité présente à se faire entendre des classes populaires. Un livre important pour combattre le Front national.

Avec son dernier ouvrage, bref mais néanmoins charpenté, La gauche radicale et ses tabous *, Aurélien Bernier donne à comprendre « pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national ». Cet ancien dirigeant d’Attac et collaborateur du Monde diplomatique, qui se définit lui-même comme un « proche du Front de gauche », n’épargne pas ses camarades altermondialistes, communistes et trotskystes et cible trois interdits qui règnent en maître au pays de la gauche de la gauche. Trois « tabous » qui ne manqueront pas de faire polémique. 

À commencer par le protectionnisme jugé par le courant trotskyste (dont la pensée irrigue encore largement la gauche radicale et ce, malgré un poids électoral inversement proportionnel) comme« réactionnaire » et « petit-bourgeois » car il créerait « une fausse solidarité entre ouvriers et patrons » et présenterait « les travailleurs des autres pays comme des adversaires ». Bernier note que le Front de gauche porte néanmoins un « protectionnisme européen ». Mais pour lui, il s’agit d’un « doux rêve » car ce protectionnisme-là, explique-il, nécessite l’accord de l’ensemble des pays membres de l’Union pour qu’il soit véritablement opérant. Lui préfère donc prôner un « protectionnisme français », mais s’empresse d’ajouter, pour ne sans doute pas trop choquer ses pairs, « en attendant mieux »

L’auteur se penche également sur ce qu’il nomme « le tabou européen ». En clair, la gauche de la gauche en devenant « altereuropéiste », en soutenant « qu’il faut changer en profondeur le cours de la construction  européenne, mais sans rupture trop brutale, ni avec l’ordre juridique de Bruxelles ni avec son ordre monétaire » laisse le champ libre de la véritable radicalité au Front national. Bernier touche là au tabou des tabous, l’euro, un sujet dont le FN est une des rares formations en France à s’être emparé.

Mais il rappelle que « les monnaies nationales et les politiques monétaires étatiques ne sont pas une idée d’extrême droite » et, surtout, que l’autre gauche n’a pas toujours été sur cette ligne. Il montre comment le PCF, sous l’influence de Robert Hue, a bradé en 1997, sur l’autel des négociations avec le PS pour rejoindre le gouvernement Jospin, la campagne menée alors contre la monnaie unique place du Colonel-Fabien. Il note néanmoins qu’en mars 2013, en plein « blocus financier de Chypre »Jean-Luc Mélenchon évoqua publiquement, pour la première fois, la possibilité d’une sortie de l’euro. Comme le fit un mois après lui, Oskar Lafontaine, grand inspirateur du Parti de gauche français et ancien ministre des Finances allemand...

Enfin, Bernier s’attaque au « tabou de la souveraineté nationale et populaire » recoupant peu ou prou les deux précédents tabous. Il pointe notamment un paradoxe de taille que dirigeants, militants et sympathisants de l’autre gauche ne semblent définitivement pas vouloir voir : « Comment [la gauche radicale] en est-elle venue à mélanger sa voix avec celle des plus ultralibéraux pour conclure à l’obsolescence de la souveraineté nationale ? »

Cette question démontre à elle seule la pertinence de l'ouvrage d'Aurélien Bernier. Malheureusement, celui-ci se révèle incomplet car son auteur se montre très (trop ?) sélectif dans ses tabous. Quid par exemple du tabou de la sécurité ? Une grande partie de la gauche radicale continue de voir dans ce sujet-là une obsession de la droite la plus réactionnaire qui soit, oubliant que les premières victimes de l’insécurité sont ces classes populaires qu'elle prétend pourtant défendre…

Quid aussi du tabou de la laïcité ? Si Jean-Luc Mélenchon et d’autres avec lui se posent en fervents défenseurs de ce principe, certains de leurs camarades de la gauche de la gauche adoptent sans sourciller des positions communautaristes que ce soit par conviction pure, par perte de sens idéologique ou — et c’est sans doute le pire — par clientélisme électoral…

Quid enfin du tabou de l’immigration ? Non suffisamment maîtrisée, celle-ci induit une concurrence entre travailleurs que Bernier — par le protectionnisme notamment — et la gauche radicale dans son ensemble disent refuser.
Ces trois tabous-là expliquent, autant sinon plus, l’échec de l’autre gauche face au Front national…






Je recommande ce livre, bonne lecture. ;)

vendredi 6 novembre 2015

France: Régionales 2015. Le chômage, principale préoccupation des Français.

Selon l'institut de sondage Ipsos-Sopra Steria pour France 3, la moitié des électeurs affirment qu'ils feront leur choix en fonction de la situation politique régionale. La question du chômage arrive en tête des autres préoccupations avec 38%, puis ensuite celle des impôts et des taxes (36%)..
Ipsos-Sopra Steria
Enquête réalisée pour France 3 - 06/11/15

France: Régionales 2015. Dans le sud-ouest, Olivier Dartigolles fait des circuits courts une de ses priorités.

Le modèle agricole semble être à bout de souffle. Les producteurs de lait, de viande porcine et bovine dénoncent un système de distribution et de rémunération injuste. Ils souhaitent, en priorité, que la répartition des marges sur les produits entre agriculteurs, industriels et distributeurs soit mieux régulée. Les circuits courts apparaissent comme l'une des solutions possibles.

Le circuit court, c’est supprimer un maximum d’intermédiaire entre l’agriculteur et le consommateur afin de vendre à un meilleur prix. 

Le producteur peut ainsi écouler sa production en vente direct et ne plus dépendre du marché national ou international. En choisissant ce mode de distribution, l’agriculteur devient le maître du jeu et peut mieux réguler ses prix.